Accompagner son parent après un refus en EHPAD : explorer les solutions dans les Pyrénées-Orientales

15/05/2026

Recevoir une réponse négative à une demande d’admission en EHPAD constitue toujours un moment délicat. Dans notre département, les Pyrénées-Orientales, cela arrive plus souvent qu’on ne le pense : la demande excède encore largement l’offre disponible.

Contrairement à ce que l’on croit parfois, ce refus ne signifie pas que toute solution est épuisée. Il ne préjuge ni de la valeur du parcours de vie de la personne âgée, ni de l’investissement de ses proches. Plusieurs motifs peuvent expliquer la décision de l'établissement :

  • L’absence de place disponible (fréquent, dans les zones rurales ou littorales particulièrement attractives).
  • Un profil médical ou des besoins jugés incompatibles avec la structure.
  • Un projet de vie ou des souhaits qui ne correspondent pas totalement à ce que peut proposer l’établissement ciblé.

Nous avons tous en tête des situations de familles ayant dû patienter plusieurs mois ou solliciter de nombreux établissements pour obtenir une place (source : France Bleu, 2023). Ce constat amène naturellement une question : quelles alternatives concrètes pouvons-nous envisager pour accompagner au mieux un parent âgé dans les Pyrénées-Orientales ?

Face à un refus, il n’est pas inutile de prendre un temps, même bref, pour dresser un état des lieux : quelles sont les attentes de la personne concernée ? Quid de son autonomie ? Quelles sont ses priorités : sécurité, socialisation, maintien du domicile, soins ?

On distingue alors plusieurs registres d’alternatives, mobilisables seuls ou ensemble. Certaines solutions sont temporaires, d’autres peuvent s’inscrire dans la durée. Le critère déterminant demeure le projet de vie de la personne âgée et la cohérence avec ses besoins.

La majorité des personnes âgées expriment le souhait de rester chez elles le plus longtemps possible. Dans ce contexte, il est essentiel de connaître les principaux dispositifs du territoire et leur articulation.

Les services d’aide et d’accompagnement à domicile (SAAD)

Ces services s’adressent aux personnes qui gardent une part d’autonomie mais nécessitent un accompagnement au quotidien (aide à la toilette, aux repas, à l’entretien du logement…). Les SAAD du département regroupent des organismes privés mais aussi des associations fortement implantées, telles que l’ADMR ou l’Aide à Domicile en Milieu Rural.

  • Intervention de plusieurs heures par semaine ou par jour selon le besoin.
  • Coût variable, largement pris en charge par l’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie).
  • Adaptation fine au rythme et aux habitudes de la personne.

Service Zone d'intervention Coordonnées
ADMR 66 Toute le département www.fede66.admr.org
CCAS de Perpignan Perpignan et alentours www.perpignan.fr/ccas
Familles Rurales 66 Pyrénées-Orientales www.famillesrurales.org/66

Les soins à domicile : infirmiers et équipes spécialisées

Pour les personnes nécessitant un suivi médical ou des soins réguliers, les SSIAD (Services de Soins Infirmiers à Domicile) interviennent sur prescription, parfois en lien étroit avec les SAAD.

  • Prise en charge des soins d’hygiène, pansements, surveillance médicale.
  • Intervention possible jusqu’à plusieurs fois par jour.
  • Gratuité ou reste à charge quasi nul via l’Assurance maladie.

L’accueil de jour : préserver le lien social et l’autonomie

L’accueil de jour propose un cadre hors du domicile pour les personnes atteintes de troubles cognitifs légers ou modérés, ou souffrant d’isolement, tout en permettant un retour chez soi le soir.

  • Disponibilité majoritairement en semaine, sous la forme d’une ou plusieurs journées par semaine.
  • Encadrement par des professionnels formés sur Alzheimer ou la perte d’autonomie.
  • Soulagement pour les aidants.

Dans les Pyrénées-Orientales, on recense actuellement plus de dix accueils de jour, dont certains rattachés à des EHPAD ou à des associations spécialisées (France Alzheimer 66).

L’hébergement temporaire à domicile partagé : une alternative innovante

De plus en plus de solutions de cohabitation sont expérimentées localement, parfois via le modèle « Familles d’Accueil » agréé, ou la colocation seniors (source : France Bleu, 2023). Là encore, l’objectif est de rompre la solitude, de partager certains coûts et de renforcer la sécurité.

  • Cohabitation intergénérationnelle (un senior et un étudiant ou un jeune actif).
  • Colocations entre personnes âgées autonomes ou semi-autonomes.
  • Encadrement légal et suivi administratif par le Conseil Départemental ou des associations partenaires.

La structure « Famidac » recense les familles d’accueil agréées dans les Pyrénées-Orientales, répondant à des besoins souvent ponctuels mais aussi de plus longue durée.

Le refus en EHPAD ne signifie pas qu’aucune place n’est possible ailleurs. Plusieurs types de structures offrent des accueils collectifs avec des niveaux de dépendance différents.

Les résidences autonomie (ex-foyers-logements)

Destinées aux personnes âgées autonomes ou en légère perte d’autonomie, elles offrent :

  • Un logement individuel (T1 ou T2), au sein d’un ensemble sécurisé.
  • Des espaces partagés (salles d’activités, restauration collective selon les établissements).
  • Des animations régulières et l’accès à des services optionnels (blanchisserie, portage de repas…).

Dans les Pyrénées-Orientales, plus de 30 résidences autonomie sont réparties sur l’ensemble du territoire (source : Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie). Quelques exemples : Résidence Sainte-Marie à Prades, Résidence Les Pins à Argelès-sur-Mer, Résidence La Roseraie à Perpignan.

Les MARPA (Maisons d’Accueil et de Résidence pour l’Autonomie)

Ces structures offrent un accompagnement renforcé tout en préservant une vie d’appartement. Majoritairement situées dans les zones rurales (Ille-sur-Têt, Saint-Paul-de-Fenouillet…), elles favorisent les liens de proximité et l’autonomie. Les services proposés varient selon la taille de la MARPA, de l’accès à un jardin, à la participation à la vie du village.

Les petites unités de vie et les hébergements familiaux

Certains dispositifs à taille humaine accueillent entre 8 et 25 résidents, dans un environnement plus “familial” que l’EHPAD. C’est souvent une solution transitoire ou de longue durée lorsque les troubles du grand âge sont modérés.

Le rôle clé des MAIA et des CLIC du département

Chaque situation complexe, notamment après un refus en EHPAD, peut bénéficier d’un appui personnalisé. Dans les Pyrénées-Orientales, des structures existent pour aider à coordonner les démarches, évaluer les besoins, et orienter sans imposer.

  • MAIA (Méthode d’Action pour l’Intégration des services d’aide et de soins dans le champ de l’Autonomie) : pilotées par le Groupement Hospitalier de Territoire, elles proposent diagnostic, orientation et coordination au plus près du vécu des familles (04 68 28 54 73 pour le territoire).
  • CLIC (Centre Local d’Information et de Coordination gérontologique) : interlocuteurs privilégiés pour aiguiller selon le secteur géographique et les ressources disponibles. On en compte 3 en activité dans le département (à Perpignan, Céret, Prades).

Soutenir les aidants : des relais pour ne pas s’épuiser

La fonction d’aidant, souvent invisible, nécessite information, écoute et relais. Des dispositifs existent localement pour éviter l’isolement et l’épuisement :

  • Plateformes d’accompagnement et de répit pour les aidants (France Alzheimer 66, Association La Parenthèse, groupes de parole dans plusieurs communes).
  • Formations pour mieux appréhender la maladie d’Alzheimer ou la perte d’autonomie (Hospitalité Saint-Jacques, Croix-Rouge 66).

Une cartographie des ressources est disponible via le site du Conseil Départemental des Pyrénées-Orientales et celui de la CNSA (www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr).

Retravailler la demande ou solliciter d’autres établissements

  • Un refus n’est pas toujours définitif : l’état de santé ou le degré d’autonomie peuvent évoluer ; la commission d’admission peut être sollicitée à nouveau, surtout après une hospitalisation ou un changement de situation.
  • Multiplier les demandes : dans les Pyrénées-Orientales, il est conseillé de déposer des dossiers dans au moins 5 à 8 établissements pour maximiser ses chances.
  • Prendre appui sur les dispositifs locaux pour optimiser les démarches (points d’information locaux, assistance administrative par le service social du CHU de Perpignan).

Sortir de l’isolement dans la recherche de solutions

  • Les guichets uniques : certains espaces France Services peuvent accompagner dans toutes les démarches, en présentiel.
  • Le portail ViaTrajectoire : un outil national permettant de visualiser les établissements avec places disponibles et d’adresser les dossiers en simultané (accès ouvert à tous : www.viatrajectoire.fr).
  • Prendre le temps, dans la mesure du possible, d’écouter ce que le refus révèle des besoins : est-ce surtout la sécurité qui est recherchée ? Le lien social ? Le recours à une aide médicale 24h/24 ?
  • S’autoriser à envisager des solutions évolutives : une aide ponctuelle aujourd’hui peut se transformer en accueil collectif demain.
  • Ne pas hésiter à solliciter les associations locales et les travailleurs sociaux de secteur : leur connaissance fine du territoire ouvre parfois des portes insoupçonnées.

Le refus d’entrer en EHPAD n’est pas la fin d’un parcours : c’est souvent l’occasion de repenser les priorités, de découvrir des formes d’accompagnement plus souples ou plus adaptées à ce moment de vie. Le territoire des Pyrénées-Orientales, riche d’alternatives, permet de multiples parcours : maintien à domicile renforcé, habitats partagés, solutions d’accueil temporaire ou d’urgence, hébergements collectifs adaptés, soutien aux proches.

Trouver la voie juste passe par l’écoute, l’information et la mobilisation des ressources locales : chaque histoire reste singulière. L’essentiel demeure de faire émerger des réponses respectueuses du projet de la personne âgée, tenant compte de son rythme et de ses aspirations, sans culpabiliser, ni presser.

À chaque étape, des professionnels, des bénévoles et des institutions sont là pour accompagner, sans juger ni imposer. La diversité des solutions proposées aujourd’hui dans les Pyrénées-Orientales, en lien avec l’ensemble du tissu social et sanitaire local, permet de rassurer : l’accompagnement bienveillant ne s’arrête jamais à la porte d’un établissement.

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